Anniversaire : 7 ans


J’avoue ça peut fait chier d’être obligé de faire ce qu’on doit faire.

Obligé ?…


Je m’explique :

– Être maniaque et ne pas pouvoir ranger correctement ou prendre 10 fois plus de temps que Walid* pour le faire.
– Étant obligé de demander beaucoup d’aide, calculer sans cesse force paramètres pour rester agréable sans rester frustré.
– Devoir posséder beaucoup de matériel (très onéreux) pour compenser mal l’impeccable corps que la nature (et ma mère) m’avai.en.t donné.es ; c’est beaucoup de bordel pour des choses simples et une responsabilité importante !
– Devoir assister dans l’oisiveté aux actes autour, une sorte de rôle « directeur » imposé par défaut.
– Ne pas pouvoir varier l’enchaînement de tâches intellectuelles par des coupures physiques, libératrices, et j’entends par physique une certaine autonomie dans l’action, donc tous les sports qu’on peut me faire faire entrent pour moi dans la distraction, mais n’apporte pas la satisfaction d’un sport physique ; les seuls sports physiques engagés – où j’ai une certaine autonomie – que je pratique sont le vélo, la natation (trop rare !) et des actes de tous les jours, souvent physiques étant donné ma faiblesse… (bien entendu que s’il est question d’efficacité ou de performance vous pouvez m’oublier, mais j’ai une autonomie minimale).


Et aussi la voiture !

mon père, mon carrossier, mon pote…


On voit vite en faisant le tour du beau camion bleu (qui fait rêver les gosses et les adolescents versés dans le graff) qu’il a embrassé depuis le début de sa vie, d’une manière plus ou moins agréable mais jamais gravement, plusieurs surfaces ; on ne pourra donc mettre en doute la légitimité de mes réflexions sur ce point, récurrentes dans le temps et émotionnellement fortes car jamais ça ne m’amuse ni me plaît de déprécier un aussi bel engin, un matériel aussi utile et autonomisant que le camion ; qui plus est en grande partie offert par les gens !


Mais,

Mettez moi dans n’importe quelles situation physique, et vous verrez vite les différences entre nous.

Mettez moi dans le flot de la circulation et vous n’en verrez pas ; plus de différences…


Je ne fais pas cette démonstration pour excuser ou justifier mon comportement mais pour l’expliquer.


Toutes ces choses-là ne sont pas conscientes. Et souvent, bouleversé à la suite d’accidents divers, à force de me questionner, je tire des conclusions… On doit appeler ça l’expérience, et ça doit se payer !
Ajoutons à ça ma personnalité plutôt têtue et rebelle, et voilà qui explique la différence d’âge de cette belle automobile, qu’on qualifie de quinzenaire alors qu’elle en a cinq ! C’est simplement qu’elle vit. (Comparez les durées de vie ou l’état du corps de travailleurs bourgeois ou prolétaires.)


Moi, j’ai deux chances :

– Chaque petit acte de la vie me demande tellement d’efforts que les mener à bien rend heureux*. Et du coup j’suis tellement heureux c’est beau à voir ! (plus généralement l’effort entraîne le réconfort, c’est une règle si omniprésente et évidente que facilement on ne la remarque plus, c’est ballot !).

Associons à ça l’indispensable impératif de toute personne non autonome (et on l’est tous à un moment ou un autre) : l’entourage.
Personnellement je suis tellement gâté à ce niveau-là, que ce soit social ou matériel, que jamais je n’oserais me plaindre !


Et ce texte n’est pas une plainte, juste mon explication.


– Ma deuxième chance c’est qu’étant donné la première partie du paragraphe précédent (le bonheur facilité par la faiblesse) plus la frôlure de mort dans le lac de St Pée, le pipi le caca, la gravité sur corps sans tonus, la frustration physique, tous les renoncements…
Je ne suis plus très touché par des choses bénignes… A Chacun, les goûts, les couleurs et l’importance des choses ne se discutent pas, mais disons pour simplifier extrêmement que des histoires matérielles sans conséquences sur le vivant me paraissent certes réelles, mais anecdotiques. D’ailleurs qui ne fanfaronne pas, une fois le temps passé, de telle ou telle bêtise qu’il ait faite, et fier d’en rigoler, de faire rigoler, et de s’être senti vivre !


« Y a pas mort d’… » dit l’homme.


Enfin voilà sans me donner plus de courage ou minimiser mes erreurs – qu’il est normal d’assumer – j’avoue que je n’ai de respect que pour la Nature, ses lois inviolables son ordre et tout ce qu’elle a crée. La face belle de l’humanité adoptera j’espère une philosophie de cet ordre après la prochaine bataille qui lui ramènera – non sans heurts – les pieds dans l’Humus.
En tout cas c’est la mienne, elle risque d’être théorisée plus avant, mais ça demande du travail, et pas facile de gagner sur nous-même – ennemi de toujours – et sa propre paresse !
Jugez jugez, ok, mais à l’aune du seul système qui fonctionne : la Nature (le cosmos, l’ordre des choses quoi…) Il est simple, clair, foisonnant mais organisé, il possède tout et son contraire et nous flottons dans ses atomes de notre premier à notre dernier souffle !


Pour finir sur une comparaison plus légère, voici l’anecdote assez complète de mon anniversaire, qui a teasé dans notre joyeux microcosme angloy.

Ma é Pignada, per m’ayda !

Dimanche, comme il y a 7 ans très exactement, j’étais à Herri Urrats. C’était mon anniversaire. Le temps fût splendide, et la journée également. Un ami qui était venu ce week-end fêter mon anniversaire de naissance n’était donc pas tant dans l’erreur… Je devais le ramener pas trop tard pour qu’il soit chez lui lundi. Nous sommes partis vers dix-neuf heures, alors j’avais arrêté de boire plus tôt pour prendre le volant. Juste à la sortie d’Herri Urrats, roulant au pas, la voiture grise devant pile, et dans un réflexe trop tardif je la percute par l’arrière. Flûte de merde !
Petit choc, constat, puis les occupants, tout à fait sympas – même contre mes arguments de faible taux d’alcoolémie – ne voulaient pas me laisser repartir. Alors que nous discutions entre gens honnêtes, les gendarme se pointent.
Je suce le chef L’APPAREIL, qui indique : « Positif ».
Après maintes tergiversations et deux heures de discutaille, ils m’embarquent à la brigade de St-Pée à l’aide de deux voitures.

Là, pendant que mon fidèle Crosa rapplique comme un ch.. tel, sifflé par le plus gradé des tel bleus, apparemment plus prompts à faire tourner l’économie que l’écologie (« T’aurais dû me laisser garer la caisse à deux mètres grand malin ! » mais l’uniforme réduit drastiquement la capacité de libre-arbitre, restons indulgents !) ils me portent en haut de l’escalier et m’invitent dans les locaux à service de vétusté publique où ils zonent.
Je suis en même temps gêné et dépité par les moyens déplacés pour un fait si banal – 8 individus et 2 véhicules* – mais la situation ne manque pas d’intérêt. Aussi : n’étant pas dégommé, avec des faits somme toute bénins, et sortant d’un moment émotionnellement riche : dès le début je leur ai fais comprendre que j’assume mes actes et reste à leur disposition et coopératif, mais qu’accordant peu d’importance et encore moins de respect à la comédie judiciaire, on ne me fasse pas trop chier quand même… Personne ne m’embête plus que nécessaire, moi non plus, et l’ambiance est cordiale. En fait nous sommes tous peu affectés, c’est le jeu.
Je souffle dans la grosse machine, elle affiche 0, 39… J’étais donc depuis je-ne-sais-quelle loi de mes deux, en mode Contraventionnel et non pas Délictuel… Manque de moyens oblige, il est plus facile de faire payer en argent que d’accompagner et éduquer des personnes, et double-avantage : les gens qui décident et écrivent les règles ont peu de problèmes lors de ces sanctions pécuniaires, puis les autres, ben on les tient un peu mieux par les couilles, ou les nerfs, dans cette guerre, de classe, enfin l’argent quoi ; mesure finalement tout à fait dans l’air du temps qui est de priver les uns pour enrichir l’autre.
J’ai appris des choses ! Depuis je-ne-sais-quelle autre loi de mes deux, ma carte d’identité normalement périmée en 2018 comme elle l’indique, est valable 15 ans, jusqu’en 2023 donc, Youpi ! 5 ans de plus, moins de taf pour les administrations, on dégraisse ! Youpi Yeah ! Ce progrès là marche moins bien que moi !

Attendez la suite : On continue le p’tit jeu truqué par le test salivaire… tatannn ! C’est glaçant !

Évidemment, le mien était négatif, mais figurez-vous que je connais l’histoire d’un mec, qui avait fumé sur je-ne-sais combien de pétards toute la journée, et pas que ! Et qui a eu un test négatif à 100 %… Délectable ! (60 % de fiabilité leur salivette.)
Enfin on a rempli quelques paperasses numérisées (ça c’est du vrai progrès !) puis on nous a gentiment raccompagnés à la porte. Merci au revoir. Un pote est venu me chercher.


Donc pour résumer il n’y a pas mort d’homme ; j’ai conduit en état d’ébriété légère voire moyenne, ce qui était une habitude chez moi, car bien entendu je me fie à mon libre-arbitre avant de prendre acte de leurs embrouilles de monopoly dont ils noircissent des millions de pages qui auraient su avec un peu de sagesse et d’humanité être tellement mieux utilisées !

Par contre, je ne suis pas content de cette mauvaise habitude… Au contraire, comme me l’a fait remarquer un ami bien rôdé à ces aventures : A chaque fois que j’ai un problème avec le camion, c’est que j’avais bu avant. C’est vrai ! (à part petits muxu de manœuvres…) Et c’est complètement con, étant donné l’utilité de cet engin pour moi, c’est complètement con ! Niveau assurance, points de permis, et surtout compte en banque (car les deux premiers s’achètent avec le dernier), ça va me faire batailler. Mais bon, l’expérience ça se paye…

La très bonne nouvelle de tout ça, c’est que pour la première fois j’ai le sentiment de m’être vraiment rendu-compte que passé deux-trois verres (jamais deux sans trois, les vaillants comme nous restent à environ 0,5 avec trois verres) Basta ! T’arrêtes de conduire, parce que tes réflexes deviennent de la merde ! T’appelles ta mère, t’attends un bon moment, tu vas te pieuter, te pignoler… Bref, tu conduis pas en ayant bu ! Merci au revoir. J’aurais vraiment appris des choses, et finalement c’était un bon anniversaire.


Du coup ce texte n’était pas une plainte, mais une explication doublé d’un sermon solennel, car public et écrit, voici la résolution que quiconque pourra m’envoyer à la gueule dorénavant s’il le souhaite. Et bien présenté comme une loi, pour paraître plus sérieux :
1- Je ne conduirais plus mon superbe camion en ayant bu de l’alcool.
2 (amendement) – A part de manière sporadique, selon les circonstances, si je n’ai pas bu plus de trois verres, de manière à ne pas dépasser le taux de 0,5 grammes par litre de sang, en commun accord avec la loi du bla-bla-bla

Pour faire et valoir ce que de droit. Le futur fournira les preuves…


Dorénavant, je suis en mode discipline, et la discipline budgétaire qu’ajoute cette mésaventure s’impose plutôt logiquement dans ma vie actuelle.



Fini les conneries maintenant, alors procéduriers, imposteurs ou branleurs de tous poils, gare à vous ! )


J’connais pas ce mec mais il a fait des bons Gif !



* terme générique – équivalent de handicapé – désignant une personne valide.
* me coucher tout seul, pisser sans m’être pissé dessus, rouler dans l’herbe, réaliser un acte quelconque mais difficile, caguer vite fait bien fait, aider quelqu’un moi, résoudre un problème ingénieusement, etc. etc. etc…
* 7 hommes, une femme, et deux voitures, en langage flic.

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